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Un centre d’apprentissage pour les filles louées travaillant sur le marché de Parakou – Bénin –

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Le projet en quelques mots

Depuis fin 2016, le centre de Parakou accueille des filles mineures louées par leurs familles à des marchandes. Après 4 années d’activités, un nouveau programme réservé aux filles louées déscolarisées axé sur l’alphabétisation et l’apprentissage de la couture vient d’être mis en place.

A l’origine du projet : un centre d’accueil

Le centre d’accueil était à l’origine un lieu d’apprentissage mais aussi de repos, de soutien et de divertissement. Les filles, mineures, du marché s’y rendaient quand elles le souhaitaient afin de penser à autre chose le temps d’un instant. 

Étant un lieu d’accueil, les filles s’y rendaient quand elles le pouvaient avec un temps sur place très irrégulier. Cette venue était souvent très courte du fait de la peur des représailles de leurs tutrices.

Des négociations pour permettre aux filles louées déscolarisées de venir régulièrement au centre

Ismaël et Reine, les salariés du centre, ont rencontré, de manière individuelle, les filles louées déscolarisées travaillant sur le marché afin de connaître leurs disponibilités et évaluer leur niveau d’alphabétisation.
L’équipe a ensuite échangé avec chacune des tutrices afin d’obtenir leur accord pour que les enfants puissent librement se rendre au centre chaque jour durant une heure afin de s’alphabétiser ou se former à la couture.

Les activités menées auprès des enfants et les actions de sensibilisation faites auprès des tutrices depuis 2016 ont porté leurs fruits ! Les marchandes ont accordé du temps aux filles afin de leur permettre de suivre des cours d’alphabétisation et de couture.

Un véritable succès pour l’équipe et une avancée significative dans le droit des enfants au Bénin .

Un programme centré sur l’alphabétisation et l’apprentissage de la couture

Désormais, les activités du centre ont été réorganisées. La majeure partie du planning est consacrée à l’alphabétisation avec la dispense de 50 cours réguliers de 45 minutes par semaine. Ils sont réservés exclusivement aux filles mineures, déscolarisées, qui travaillent sur le marché.  Elles n’ont jamais été à l’école ou ont dû arrêter prématurément avant la fin du primaire. En parallèle des cours de professionnalisation à la couture sont mis en place chaque jeudi et vendredi.

Étant donné la disparité de niveaux entre les enfants, des groupes ont été créés afin d’optimiser l’apprentissage. Désormais, 10 cours de 45 minutes sont organisés, chaque jour, entre 12 et 17h. Le reste du temps est consacré à la vente des produits sur le marché. 

L’équipe, 100% béninoise, est actuellement composée d’un animateur, de deux instituteurs et d’une couturière.

Des actions qui permettent aux enfants de retrouver pendant quelques instants chaque jour le sentiment d’avoir le droit eux aussi d’apprendre.

Les objectifs

  • Contribuer à l’éducation des filles par l’organisation de cours d’alphabétisation quotidien par niveau.
  • Contribuer à la formation des adolescentes à la couture par des ateliers d’initiation et de professionnalisation
  • Donner une chance à ces enfants d’avoir un avenir
  • Sensibiliser la population aux droits de l’enfant

Nos actions

Enquête auprès des enfants dans le but de connaitre leurs motivations, leurs disponnibilités et leur niveau d'alphabétisation Termine

Nous avons réalisé une enquête auprès des filles louées, travaillant sur le marché. L’objectif était de connaitre leurs motivations et les horaires les plus favorables. Une centaine d’enfants, de 7 à 17 ans, ont été rencontrés de manière individuelle avec un temps de discussion et également un temps d’évaluation du niveau d’alphabétisation. A la suite de ces entretiens, des groupes de niveaux ont été crées afin d’homogénéiser l’apprentissage.

 

Enquête auprès des tutrices afin d'avoir leur accord pour que les filles viennent s'alphabétiser et se former au centre Termine

L’équipe du centre est allée à la rencontre des tutrices sur le marché afin de leur expliquer le projet et de les sensibiliser sur l’importance de l’alphabétisation et de la formation. Suite à cela, les femmes ont pour la plupart accepté de laisser les petites filles se rendre au centre d’apprentissage à hauteur de quelques heures par semaine.

Réorganiser le centre afin de pouvoir assurer deux cours d'alphabétisation en simultanés Termine

Le centre d’accueil comportait auparavant un seul et unique espace pour les cours.
Désormais, il a été réorganisé en 2 salles de classe afin de pouvoir assurer deux cours en simultanés.
Un troisième espace a également été aménagé pour la couture.

Recrutement d'un deuxième professeur Termine

Originaire du Zou (département au sud du pays), Boniface a débuté sa carrière de professeur en 1998 et a enseigné dans différentes écoles, privées comme publiques. Cela fait une dizaine d’années qu’il exerce à Parakou.

II intervient désormais chaque jour à la baraque en tant qu’enseignant pour les plus petits niveaux. Une aide cruciale pour Reine, qui était jusqu’à présent seule enseignante pour ces petites filles.

Cours d'alphabétisation En cours

Chaque jour, 10 cours de 45 minutes sont organisées entre 12h et 17h. Le reste du temps est consacré, par les enfants, à la vente des produits sur le marché. En tout, 50 heures de cours sont assurées par semaine.

Cours de couture En cours

Chaque semaine, Fideline, couturière de métier, vient dispenser quatre cours de couture pour les filles du marchés.

Les ateliers sont évolutifs pour permettre de se familiariser petit à petit avec les aiguilles, le fil, le tissus… Les premiers cours sont uniquement consacrés à l’apprentissage des bases de la couture à la main : points simples, surfilage, faufilés, ourlet,… Dans un second temps, vient l’apprentissage sur machine à coudre.

La familiarisation avec la couture a pour ambition d’être, pour certaines filles, une première étape vers une formation, un diplôme puis une insertion professionnelle.

En savoir plus sur le contexte

Bien qu’étant l’un des plus solides modèles démocratiques en Afrique de l’Ouest, le Bénin a encore du chemin à parcourir en matière de protection des droits de l’enfant. De grands progrès sont à réaliser en matière de droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’identité… Les difficultés économiques de ces dernières années ont eu pour conséquence l’émergence de l’utilisation de la main d’œuvre infantile.

Plus de 45 % des enfants sont malheureusement obligés de travailler au Bénin. Il arrive que les enfants des milieux ruraux soient confiés à de la famille éloignée habitant en ville et promettant une bonne éducation et notamment l’accès à la scolarité. Malheureusement, bon nombre de ces enfants sont ensuite exploités et contraints à travailler dans des conditions dramatiques. Certains d’entre eux deviennent aussi les tristes victimes d’abus de toutes sortes.

En 2007, une enquête de l’UNICEF a démontré que plus de 40 000 enfants âgés de 6 à 7 ans (dont 86% sont des filles) ont été victimes de traite

Au départ, le terme « vidomégon » (du Fongbe, une des nombreuses langues du Bénin), qui signifie littéralement « enfant placé auprès de quelqu’un », représentait une chance d’évolution sociale.

L’enfant était placé dans une famille plus aisée et était considéré comme un enfant de cette famille, il pouvait bénéficier d’un enseignement, d’une scolarité ou encore d’un apprentissage artisanal comme les autres enfants. En contrepartie, il participait aux différentes tâches domestiques.

Placer un enfant dans une famille d’accueil rentrait dans une pratique culturelle ancienne conforme aux principes de la solidarité familiale, communautaire ou clanique.

Avec la colonisation et le développement de pôles urbains, les parents ont commencé à chercher à envoyer leurs enfants auprès de personnes de leur famille dans ces villes. Le placement permet en effet à un enfant de poursuivre ses études ou un apprentissage. Ces enfants, venant surtout de zone rurale, voyaient s’ouvrir à eux un avenir meilleur avec une scolarité assurée et une perspective de développement à caractère social.

Cette pratique du travail domestique a aujourd’hui évolué en une traite moderne des enfants avec un recrutement qui s’est organisé, alors que trafiquants et agents écument les zones rurales, en faisant des offres aux parents.

Les promesses faites par les trafiquants, d’une éducation formelle ou d’une formation professionnelle, d’un apprentissage ou d’un emploi dans une maison sont quelques unes des raisons qui expliquent pourquoi les parents laissent partir leurs enfants; des familles qui pratiquent une agriculture de subsistance et n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école.

La traite des enfants commence typiquement par un arrangement passé en privé entre un « ami » , un inconnu (trafiquant) et un membre de la famille. L’accord s’appuie sur les difficultés financières de la famille et le désir du trafiquant de faire un profit et d’accéder à une main d’œuvre bon marché. Quelqu’un arrive et dit qu’il a un travail comme domestique ou sur les marchés pour les enfants et les parents le croient. Mais la personne le réduit à l’état de servitude ou donne l’enfant à quelqu’un d’autre.

Ces enfants travaillent majoritairement dans des familles qui n’ont aucun lien avec la leur et qui sont considérablement éloignées de leur domicile.
On rencontre des vidomégons qui s’en sortent bien, qui ont appris un métier ou à qui les patronnes ont donné un capital pour s’installer à leur propre compte ou qui suivent des cours d’alphabétisation. Mais, la majorité est souvent victimes de maltraitance, de violences physiques et psychologiques, et est souvent confrontée à des sévices sexuels

95 % de ces enfants ne sont pas alphabétisés.

La pauvreté est la cause majeure et omniprésente de la traite des enfants, dans des familles qui pour 82 % d’entre elles ont plus de 5 enfants.

Ce trafic interne au pays dérive malheureusement parfois en trafic externe. Les enfants se retrouvent en partance vers des pays voisins comme le Nigeria ou le Gabon où ils serviront de main d’œuvre gratuite.

« À présent, la réalité est tout autre, explique le Père Simplice, les années 80 et 90 ont vu le niveau de vie des Béninois diminuer. En ville un seul salaire ne suffit plus à entretenir une famille. Une grande majorité des familles se paupérise et envoyer les enfants à l’école coûte cher. Les familles restent toutefois autant sollicitées par leurs familiers ruraux.
À la campagne la situation devient de plus en plus difficile, certaines décisions politiques malheureuses, une meilleure hygiène de vie et un taux de mortalité enfantine en baisse font que les paysans doivent supporter des familles plus importantes qu’autrefois sans que leurs revenus ne se soient améliorés. Les familles rurales choisissent d’envoyer leurs enfants en ville, non plus prioritairement pour le bien-être de l’enfant, mais plus pour une diminution de leurs charges. Les familles d’accueil n’ont plus les moyens pour bien s’occuper des enfants et préfèrent les envoyer travailler, comme vendeurs ambulants, maçons, mécaniciens, prostituées etc. afin que ces enfants ramènent de l’argent ».

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