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Venir en aide aux enfants du marché de Parakou – Bénin –

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Le projet en quelques mots

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Espoirs d’Enfants vient en aide à un nombre croissant d’enfants sur le marché de Cotonou grâce à un lieu  d’accueil, de repos, d’écoute et d’alphabétisation.

Riche de cette expérience et au regard des résultats probants obtenus, l’association a ouvert un second centre d’accueil à Parakou, au nord du pays.  

 

 

 

Benin_map-PARAKOU2ème plus grand marché du Bénin après Cotonou, le marché Arzeke est très conséquent par sa taille. Chaque jour, des centaines de commerçantes Béninoises et Nigériennes viennent vendre leurs produits à des clients venus de tout le nord Bénin et des pays frontaliers.

Issus des villages environnants pour la plupart, des centaines de filles  sont placés à partir de 5 – 6 ans auprès de ces marchandes, leurs tutrices, pour les aider.

Loués , ces petites vendeuses,  bonnes à tout faire, travaillent  10 – 12 heures par jour. Certaines sont bien considérées, d’autres maltraitées. 95 % d’entre elles ne sont pas scolarisées.

C’est pour leur venir en aide que nous avons souhaité, avec l’accord et l’appui des autorités locales, mettre en place ce centre d’accueil, lieu de repos,  d’assistance d’apprentissage et d’alphabétisation, pour ces enfants placés appelés « vidomégons ».

 

Le centre a ouvert ses portes en octobre 2016.

L’équipe constituée de 2 personnes (animateur et institutrice) a pris progressivement ses fonctions. D’ores et déjà un travail de sensibilisation auprès des enfants et marchandes sur l’intérêt de ce centre a commencé sur le marché.

Le centre est ouvert chaque jour du lundi au vendredi.
Les activités proposées sont :
– chaque après-midi, des cours d’alphabétisation,
– activités manuelles
– jeux
– contes
– danses et chants
– dessins et coloriages…

           

 

 

 

Les objectifs

. Mettre en place, comme à Cotonou, un lieu d’accueil pour les enfants du marché de Parakou.
. Développer un programme d’actions afin d’inciter les enfants à venir s’y confier, s’y reposer, s’y divertir.
. Assurer l’accueil, l’écoute et l’assistance de ces enfants  avec la présence d’un animateur et d’une institutrice.
. Contribuer à l’éducation des enfants et leur sociabilisation par l’organisation de cours d’alphabétisation et d’activités socio-éducatives, culturelles ou ludiques.
. Mener des actions de sensibilisation et d’information auprès des tutrices.

Nos actions

Journée internationale de la fille et portes ouvertes Termine

A l’occasion de Journée internationale de la fille le 11 octobre, un programme d’animations a été organisé par l’équipe de la baraque afin de sensibiliser les tutrices et le public aux droits de l’enfant et présenter les actions menées au sein de ce lieu d’accueil.

Plus de 450 participants se sont mobilisés contre l’exploitation des filles et pour l’accès à l’éducation lors d’une grande marche de sensibilisation de 3km à travers la ville et le marché.
Les événements se sont ensuite clôturés à la baraque où des portes-ouvertes étaient organisées.

      

Pendant plusieurs jours, les médias locaux ont relayé ces événements.

Ces temps de dialogue et de sensibilisation ont permis aux tutrices et à la population de mieux comprendre le rôle, l’utilité de la baraque et d’être informées sur les droits de l’enfant . Elles ont été nombreuses à questionner l’équipe sur le comportement à adopter avec les enfants et plusieurs ont émis le souhait de revenir pour échanger plus longuement et prendre des engagements.

 

Initiation à la couture En cours

Une initiation à la couture est proposée à la baraque depuis juin 2019. Une activité très appréciée par les filles!

 

Cours d'alphabétisation En cours
Séance d'alphabétisation

Chaque jour, du lundi au vendredi, durant 1 heure, l’institutrice recrutée par l’association propose aux enfants une séance d’alphabétisation.
Une initiation qui est déjà  particulièrement appréciée par les enfants qui sont une trentaine par jour à y participer.

Ateliers de sensibilisation à l'hygiène En cours
Séance de sensibilisation à l'hygiène

Chaque semaine l’équipe propose aux enfants des ateliers de sensibilisation à l’hygiène et à la sexualité. Une cinquantaine de filles sont présentes à chaque séance.

Des gestes du quotidien comme le brossage des dents ou le lavage des mains à la sensibilisation aux MST, différentes thématiques sont abordées.

 

 

En savoir plus sur le contexte

Bien qu’étant l’un des plus solides modèles démocratiques en Afrique de l’Ouest, le Bénin a encore du chemin à parcourir en matière de protection des droits de l’enfant. De grands progrès sont à réaliser en matière de droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’identité… Les difficultés économiques de ces dernières années ont eu pour conséquence l’émergence de l’utilisation de la main d’œuvre infantile.

Plus de 45 % des enfants sont malheureusement obligés de travailler au Bénin. Il arrive que les enfants des milieux ruraux soient confiés à de la famille éloignée habitant en ville et promettant une bonne éducation et notamment l’accès à la scolarité. Malheureusement, bon nombre de ces enfants sont ensuite exploités et contraints à travailler dans des conditions dramatiques. Certains d’entre eux deviennent aussi les tristes victimes d’abus de toutes sortes.

En 2007, une enquête de l’UNICEF a démontré que plus de 40 000 enfants âgés de 6 à 7 ans (dont 86% sont des filles) ont été victimes de traite

Au départ, le terme « vidomégon » (du Fongbe, une des nombreuses langues du Bénin), qui signifie littéralement « enfant placé auprès de quelqu’un », représentait une chance d’évolution sociale.

L’enfant était placé dans une famille plus aisée et était considéré comme un enfant de cette famille, il pouvait bénéficier d’un enseignement, d’une scolarité ou encore d’un apprentissage artisanal comme les autres enfants. En contrepartie, il participait aux différentes tâches domestiques.

Placer un enfant dans une famille d’accueil rentrait dans une pratique culturelle ancienne conforme aux principes de la solidarité familiale, communautaire ou clanique.

Avec la colonisation et le développement de pôles urbains, les parents ont commencé à chercher à envoyer leurs enfants auprès de personnes de leur famille dans ces villes. Le placement permet en effet à un enfant de poursuivre ses études ou un apprentissage. Ces enfants, venant surtout de zone rurale, voyaient s’ouvrir à eux un avenir meilleur avec une scolarité assurée et une perspective de développement à caractère social.

Cette pratique du travail domestique a aujourd’hui évolué en une traite moderne des enfants avec un recrutement qui s’est organisé, alors que trafiquants et agents écument les zones rurales, en faisant des offres aux parents.

Les promesses faites par les trafiquants, d’une éducation formelle ou d’une formation professionnelle, d’un apprentissage ou d’un emploi dans une maison sont quelques unes des raisons qui expliquent pourquoi les parents laissent partir leurs enfants; des familles qui pratiquent une agriculture de subsistance et n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école.

La traite des enfants commence typiquement par un arrangement passé en privé entre un « ami » , un inconnu (trafiquant) et un membre de la famille. L’accord s’appuie sur les difficultés financières de la famille et le désir du trafiquant de faire un profit et d’accéder à une main d’œuvre bon marché. Quelqu’un arrive et dit qu’il a un travail comme domestique ou sur les marchés pour les enfants et les parents le croient. Mais la personne le réduit à l’état de servitude ou donne l’enfant à quelqu’un d’autre.

Ces enfants travaillent majoritairement dans des familles qui n’ont aucun lien avec la leur et qui sont considérablement éloignées de leur domicile.
On rencontre des vidomégons qui s’en sortent bien, qui ont appris un métier ou à qui les patronnes ont donné un capital pour s’installer à leur propre compte ou qui suivent des cours d’alphabétisation. Mais, la majorité est souvent victimes de maltraitance, de violences physiques et psychologiques, et est souvent confrontée à des sévices sexuels

95 % de ces enfants ne sont pas alphabétisés.

La pauvreté est la cause majeure et omniprésente de la traite des enfants, dans des familles qui pour 82 % d’entre elles ont plus de 5 enfants.

Ce trafic interne au pays dérive malheureusement parfois en trafic externe. Les enfants se retrouvent en partance vers des pays voisins comme le Nigeria ou le Gabon où ils serviront de main d’œuvre gratuite.

« À présent, la réalité est tout autre, explique le Père Simplice, les années 80 et 90 ont vu le niveau de vie des Béninois diminuer. En ville un seul salaire ne suffit plus à entretenir une famille. Une grande majorité des familles se paupérise et envoyer les enfants à l’école coûte cher. Les familles restent toutefois autant sollicitées par leurs familiers ruraux.
À la campagne la situation devient de plus en plus difficile, certaines décisions politiques malheureuses, une meilleure hygiène de vie et un taux de mortalité enfantine en baisse font que les paysans doivent supporter des familles plus importantes qu’autrefois sans que leurs revenus ne se soient améliorés. Les familles rurales choisissent d’envoyer leurs enfants en ville, non plus prioritairement pour le bien-être de l’enfant, mais plus pour une diminution de leurs charges. Les familles d’accueil n’ont plus les moyens pour bien s’occuper des enfants et préfèrent les envoyer travailler, comme vendeurs ambulants, maçons, mécaniciens, prostituées etc. afin que ces enfants ramènent de l’argent ».

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